manifesto

In Girum.

Nous tournons en cercle dans la nuit,
et nous sommes consumés par le feu.

La phrase est un palindrome :
lue vers l’avant, lue vers l’arrière,
elle revient sur elle-même.
Comme une obsession.
Comme une prophétie.
Comme le mouvement exact de notre époque.

C’est la forme de notre travail.

Nous ne faisons pas de décoration.
Nous ne faisons pas du contenu.
Nous ne faisons pas du bruit pour nourrir la machine.

Nous faisons du spectacle au sens ancien du terme :
un rituel, une apparition, une brûlure visible.
L’art comme choc.
L’art comme alerte.
L’art comme preuve qu’il reste quelque chose de vivant
sous les couches de mensonge, de marketing et de peur.

L’art n’est pas un ornement.
C’est le résidu d’un combat honnête avec le monde.

Nous refusons la grammaire de l’algorithme.
Nous refusons l’aplatissement.
Nous refusons les formats propres, les idées tièdes,
les consensus mous, les carrières sans risque
et les vérités maquillées pour plaire aux plateformes.

Nous faisons des choses lentes dans une époque rapide.
Des choses sales dans une époque lisse.
Des choses humaines dans une époque automatisée.

Ici, aucune concession.
Aucun compromis avec le faux.
Aucune révérence devant les structures qui avalent les artistes
et recrachent des produits.

Tout ce qui existe ici est fait à la main,
ou par une main qui guide une machine.

Rien n’est final.
Rien n’est neutre.
Rien n’est pour tout le monde.

Nous ne cherchons pas à plaire.
Nous cherchons à faire briller la vérité,
même lorsqu’elle dérange,
même lorsqu’elle coupe,
même lorsqu’elle met le feu.

In Girum.